Certaines personnes sont prêtes à défendre leur cause pendant des heures, tandis que d’autres ont choisi une approche bien plus risquée : se mettre elles-mêmes en jeu. Tout au long de l’histoire, des inventeurs ont testé personnellement des machines douteuses, des casse-cou ont tenté des exploits pour prouver qu’ils étaient possibles, et des personnalités politiques ou religieuses ont préféré mourir plutôt que de renoncer à une position qu’elles avaient défendue. Voici 20 personnages historiques qui sont morts en essayant de prouver qu’ils avaient raison.
1. Franz Reichelt
Franz Reichelt était convaincu que son parachute portable permettrait aux premiers aviateurs de s’échapper en toute sécurité d’un appareil en perdition. En 1912, il se rendit à la Tour Eiffel pour une démonstration publique et insista pour sauter lui-même plutôt que d’utiliser un mannequin. L’invention de Reichelt ne se déploya pas correctement, ce qui lui coûta la vie lors de l’essai même destiné à prouver son utilité.
2. Garry Hoy
Garry Hoy, avocat à Toronto, avait démontré à plusieurs reprises la solidité des vitres de son immeuble de bureaux en se jetant contre elles. Lors d’une visite organisée en 1993 à l’intention d’étudiants en stage, il a refait cette démonstration pour montrer à quel point le verre était résistant. Le verre est resté intact, mais la fenêtre s’est détachée de son cadre et M. Hoy a fait une chute mortelle depuis le 24e étage.
3. Robert Cocking
Robert Cocking estimait que les parachutes de son époque oscillaient trop violemment pendant la descente ; il mit donc au point un modèle en forme de cône inversé qui, selon lui, serait plus stable. En 1837, cet inventeur âgé de 61 ans le testa publiquement en descendant sous un ballon devant une foule nombreuse. La structure du parachute céda pendant la descente, et Cocking devint la première personne connue à trouver la mort dans un accident de parachutisme.
4. Sam Patch
Le casse-cou Sam Patch s’était forgé une réputation en survivant à des sauts spectaculaires, notamment un célèbre saut près des chutes du Niagara. Ses performances répétées venaient étayer son message fétiche : ce qui semble impossible peut en réalité être réalisé. Lors d’un saut effectué en 1829 aux chutes de Genesee, Patch disparut sous l’eau et fut retrouvé mort peu après, mettant ainsi fin à sa campagne visant à démontrer précisément ce point.
6. Karel Soucek
Karel Soucek avait déjà survécu à une descente des chutes du Niagara dans un tonneau spécialement conçu pour l’occasion, ce qui lui avait naturellement donné une grande confiance dans ses cascades. En 1985, il s’était arrangé pour être lâché d’une hauteur de 180 pieds depuis le toit de l’Astrodome de Houston dans un petit bassin rempli d’eau, malgré les avertissements quant au danger de l’opération. Le tonneau a heurté le rebord du bassin au lieu d’atterrir en toute sécurité à l’intérieur, et Soucek est décédé des suites de ses blessures.
7. J.G. Parry-Thomas
J.G. Parry-Thomas détenait le record du monde de vitesse sur terre jusqu’à ce que Malcolm Campbell le dépasse. Refusant de se contenter de la deuxième place, il est retourné à Pendine Sands en 1927 pour prouver qu’il pouvait reconquérir le titre. La voiture a eu un accident au cours de cette tentative, et Parry-Thomas est devenu le premier pilote à trouver la mort alors qu’il tentait de battre le record du monde de vitesse sur terre.
8. Frank Lockhart
Frank Lockhart, vainqueur des 500 miles d’Indianapolis, était également un ingénieur de talent qui était convaincu qu’une conception ingénieuse et la suralimentation permettaient de rivaliser avec des moteurs bien plus puissants. Il construisit la Stutz Black Hawk Special, une voiture aux lignes aérodynamiques, dans le but de battre le record de vitesse sur terre, et s’y rendit à Daytona Beach en 1928. Malheureusement, une défaillance des pneus provoqua un accident mortel.
9. John Cobb
John Cobb avait déjà établi des records sur terre avant de décider que l’eau offrait une nouvelle occasion de démontrer à quelle vitesse une machine pouvait se déplacer. Il fit construire le « Crusader », un bateau à propulsion à réaction, et tenta de battre le record du monde de vitesse sur l’eau sur le Loch Ness en 1952. Le bateau devint instable à grande vitesse et se brisa en deux, causant la mort de Cobb pendant la course.
10. Donald Campbell
Donald Campbell a consacré une grande partie de sa vie à démontrer que ses véhicules Bluebird pouvaient rouler plus vite que ce que la plupart des gens jugeaient réalisable. En 1967, il est retourné à Coniston Water dans le but de battre son propre record de vitesse sur l’eau ; il a effectué un passage extrêmement rapide avant d’en tenter immédiatement un autre. La Bluebird K7 s’est renversée lors du deuxième passage, et Campbell a trouvé la mort alors qu’il tentait d’établir un nouveau record.
11. Socrate
Après qu’Athènes eut condamné Socrate à mort en 399 av. J.-C., ses amis lui proposèrent de s’enfuir. Selon le récit de Platon, Socrate rejeta cette option, estimant que s’enfuir serait en contradiction avec ses propres arguments sur l’acceptation des lois et des obligations de la cité. Il préféra boire le poison qui lui avait été prescrit, faisant ainsi de sa décision finale une démonstration particulièrement concrète que ses principes n’étaient pas de simples sujets de conversation.
12. Jan Hus
Le réformateur religieux Jan Hus fut traduit devant le concile de Constance et sommé de renier les enseignements que le concile jugeait hérétiques. Hus affirma qu’il ne pouvait, en toute honnêteté, se rétracter sur des positions qu’il estimait justes tant qu’on ne lui aurait pas démontré ses erreurs. Il fut exécuté en 1415 après avoir refusé à plusieurs reprises de faire le genre de rétractation qui aurait pu lui sauver la vie.
13. Thomas More
Le conflit qui opposa Thomas More à Henri VIII portait essentiellement sur son refus d’accepter l’autorité religieuse du roi selon les modalités exigées par le gouvernement anglais. Son refus de prêter le serment requis aboutit finalement à son incarcération, à son procès et à sa condamnation pour trahison. More fut décapité en 1535 plutôt que d’approuver publiquement une position que sa conscience ne lui permettait pas d’adopter.
14. Giordano Bruno
Giordano Bruno a passé des années à faire face à un procès inquisitorial concernant un large éventail de croyances théologiques, philosophiques et cosmologiques. Les autorités exigeaient une rétractation totale, mais Bruno a finalement refusé d’abandonner les positions qui étaient au cœur de l’affaire. Il a été exécuté à Rome en 1600, bien que son histoire soit plus complexe que la version populaire qui le présente uniquement comme un martyr de l’astronomie.
15. Michel Servet
Médecin et théologien, Michel Servet a remis en cause les doctrines chrétiennes établies sur des sujets tels que la Trinité, s’attirant ainsi l’hostilité tant des autorités catholiques que protestantes. Après avoir été arrêté à Genève, il a continué à défendre des croyances que les autorités jugeaient hérétiques, au lieu de se rétracter comme on l’exigeait de lui. Servet a été condamné et exécuté en 1553, ce qui montre à quel point l’Europe du XVIe siècle ne laissait guère de place à quelqu’un de déterminé à l’emporter dans un différend théologique.
16. Anne Askew
Anne Askew, une protestante anglaise, fit l’objet d’une enquête pour ses opinions religieuses qui contredisaient directement la doctrine officielle sous le règne d’Henri VIII. Elle refusa de se rétracter sur sa position concernant l’Eucharistie, même après avoir subi des interrogatoires, l’emprisonnement et la torture. Askew fut exécutée pour hérésie en 1546, après avoir refusé d’adhérer publiquement à une croyance qu’elle rejetait.
17. John Brown
L’abolitionniste John Brown ne s’est pas contenté de plaider en faveur de l’abolition de l’esclavage ; il a tenté de déclencher un soulèvement armé en s’emparant de l’arsenal fédéral de Harpers Ferry en 1859. Le raid a échoué et Brown a été capturé après que les Marines américains eurent repris le contrôle des lieux. Il a ensuite été exécuté, mais son procès et sa mort ont considérablement amplifié le message antiesclavagiste qu’il s’efforçait d’imposer dans le débat national.
18. Thích Quảng Đức
En 1963, le moine bouddhiste vietnamien Thích Quảng Đức a mené à Saigon une manifestation publique qui lui a coûté la vie, pour dénoncer le traitement réservé aux bouddhistes par le gouvernement sud-vietnamien. Son objectif était clairement politique et religieux, et les photos de cette manifestation ont rapidement fait le tour du monde. Cet acte choquant a attiré une attention mondiale considérable sur des griefs qui, jusqu’alors, avaient été largement ignorés en dehors du Vietnam.
19. Jan Palach
En janvier 1969, l’étudiant Jan Palach a commis un geste extrême et fatal à Prague, après que l’invasion des forces du Pacte de Varsovie eut mis fin au Printemps de Prague. Dans ses lettres, il appelait à des changements concrets, notamment la fin de la censure et la résistance face à la résignation croissante de la population qui avait suivi l’occupation. Palach est décédé trois jours plus tard, et sa protestation est devenue un symbole durable de l’opposition à la domination soviétique en Tchécoslovaquie.
20. Bobby Sands
Bobby Sands, prisonnier républicain irlandais, s’est joint à la grève de la faim de 1981 à la prison de Maze dans le cadre d’une campagne visant à obtenir un statut particulier et des droits spécifiques pour les prisonniers républicains. Il a continué à refuser de s’alimenter après avoir été élu au Parlement britannique pendant la grève, ce qui a permis de maintenir l’attention internationale sur ce conflit. Sands est décédé au bout de 66 jours, rendant ainsi sa mort indissociable des revendications politiques que lui et les autres grévistes de la faim tentaient d’imposer au gouvernement britannique.