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En feuilletant de vieux journaux, des revues médicales et des sermons, on constate l’émergence d’une tendance étrange. Peu importait que la « menace » prenne la forme d’un roman, d’un pas de danse, d’une coupe de cheveux ou d’un vélo : dès lors qu’elle donnait aux femmes davantage de contrôle sur leur corps, leur esprit ou leur emploi du temps, quelqu’un ne manquait pas de la qualifier de dangereuse. Parfois, cette panique se drapait dans le costume de la moralité. Parfois, elle empruntait le langage de la médecine, mettant en garde contre des nerfs fragiles, une fertilité compromise ou la vague menace de la « délicatesse » féminine. Mais une fois les justifications écartées, la véritable crainte était presque toujours la même : les femmes échappaient à tout contrôle. Elles lisaient des choses qu’elles n’étaient pas censées lire, se rendaient dans des endroits où elles n’étaient pas censées aller, rencontraient des personnes qu’elles n’étaient pas censées rencontrer et décidaient par elles-mêmes de leur apparence, de leurs gestes et de leur mode de vie.

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