Les prénoms des bébés royaux ont toujours revêtu une grande importance. Un simple prénom peut rendre hommage à un saint, faire revivre un ancêtre légendaire, régler un différend familial ou porter le poids des ambitions d’une dynastie sans que personne ne le dise jamais à voix haute. À l’époque moderne, ce rituel privé s’est transformé en véritable spectacle, avec son lot de cotes de paris, de gros titres à sensation et d’observateurs de la famille royale décortiquant chaque deuxième prénom à la recherche d’une signification cachée. Certains de ces choix ont déclenché un conflit ouvert dès leur annonce. D’autres n’ont pris une nouvelle signification que des années plus tard, une fois que l’enfant a grandi et endossé un rôle très public. Voici 20 prénoms de bébés royaux qui ont propulsé des décisions familiales privées sous les feux de la rampe.
1. Le signal anglo-saxon d'Édouard Ier
Lorsque Henri III donna à son fils le nom d’Édouard, il faisait référence à Édouard le Confesseur, dernier roi anglo-saxon d’Angleterre et saint préféré du monarque. Dans une cour encore profondément imprégnée d’influences normandes et françaises, ce simple nom liait les Plantagenêts à une tradition royale plus ancienne, typiquement anglaise.
2. Le nom qui a marqué la dynastie d'Arthur Tudor
Henri VII venait tout juste de sortir de justesse d’une guerre civile lorsque son premier fils vit le jour, et il n’était pas disposé à laisser passer cette occasion. Il donna au garçon le nom d’Arthur, empruntant ainsi l’identité du roi le plus légendaire de Grande-Bretagne. Du jour au lendemain, la jeune dynastie des Tudor prit des allures d’une lignée ancienne, riche en histoire et solide.
3. La naissance qui a bouleversé l'année 1688
Peu de naissances royales ont jamais fait autant de vagues que celle-ci. L’arrivée de James Francis Edward offrait à Jacques II un héritier mâle catholique, éloignant encore davantage les filles protestantes du roi du trône. La panique s’ensuivit, tandis que les opposants faisaient circuler une rumeur sordide et totalement fausse : un faux bébé aurait été introduit clandestinement dans la salle d’accouchement à l’intérieur d’un chauffe-lit. Bien que fausse, cette rumeur contribua à faire de la naissance d’un nourrisson un point de rupture de la Révolution glorieuse.
4. Le conflit autour du baptême de Victoria
Le choix du prénom de la reine Victoria fut en soi un véritable champ de bataille. Ses parents se présentèrent au baptême avec une liste de prénoms mûrement réfléchie, mais le prince régent rejeta sur-le-champ l’ordre qu’ils avaient établi. Le compromis : Alexandrina Victoria, en hommage à un empereur russe et à sa mère.
5. Le pivot royal de Bertie
Pour tous ceux qui le connaissaient, le fils aîné de la reine Victoria et du prince Albert était tout simplement « Bertie ». Son nom complet était Albert Edward, mais lorsqu’il hérita enfin du trône en 1901, il choisit de régner sous le nom d’Édouard VII plutôt que sous celui d’Albert Ier.
6. David en privé, Edward en public
Quand on parle de double vie… Édouard VIII portait Édouard comme prénom, mais sa propre famille l’appelait toujours David, le dernier de ses sept prénoms. Son nom a suscité l’engouement du public en 1936, lorsque « David » est devenu le roi Édouard VIII, avant d’abdiquer avant même la fin de l’année.
7. Le nouveau nom d'Albert en pleine crise
Lorsque son frère abdiqua, Albert, que l’on appelait Bertie dans sa famille, se retrouva soudainement sur le trône, presque sans préavis. Il réagit en abandonnant complètement son prénom, choisissant de régner sous le nom de George VI, en hommage délibéré à son père, George V.
8. Margaret, et non Ann
Parfois, ce sont les grands-parents qui l’emportent. Le duc et la duchesse d’York tenaient absolument à appeler leur fille Ann Margaret, mais George V et la reine Mary ont insisté pour qu’elle s’appelle Margaret. Le compromis ? Margaret Rose.
9. Charles fait à nouveau parler de lui
En 1948, personne n’y a prêté attention lorsque le dernier-né de la famille royale a été prénommé Charles Philip Arthur George. Le prénom « Charles » faisait écho aux rois Stuart, « Philip » rendait hommage à son père, « Arthur » renvoyait à la légende royale, et « George » s’inscrivait dans une longue lignée familiale. Il a fallu des décennies pour que ce prénom suscite un débat national, et cela s’est produit dès qu’il est devenu Charles III.
10. Anne remet au goût du jour un grand classique familial
Deux décennies après qu’« Ann » eut cédé la place à Margaret, ce prénom a eu droit à une seconde chance. Élisabeth et Philippe ont appelé leur fille Anne Élisabeth Alice Louise, réintégrant ainsi dans la famille ce prénom autrefois rejeté.
11. William, et non Arthur
Selon Diana, c’est elle qui avait choisi les prénoms William et Harry, alors que Charles aurait préféré Albert et Arthur. Arthur a finalement été retenu comme l’un des prénoms de William. Il s’avère que le prénom, réputé pour sa simplicité, du futur roi cache en réalité une histoire étonnamment controversée.
12. Henry devient Harry
Sur le papier, il s’appelle Henry Charles Albert David. Dans la vie de tous les jours, cependant, on l’a toujours simplement appelé Harry, un prénom qui lui a donné une image plus décontractée et plus accessible que ne le laissent supposer ses documents officiels.
13. Les onze jours d'attente de Béatrice
Onze jours. C’est le temps qu’il a fallu au public pour connaître le prénom de la princesse Béatrice, un délai inhabituellement long selon les normes de la famille royale. En coulisses, Andrew et Sarah auraient envisagé le prénom Annabel avant de finalement opter pour Béatrice Élisabeth Marie.
14. Le nom de famille manquant d'Estelle
La princesse Estelle de Suède, de son nom complet Estelle Silvia Ewa Mary, s’est retrouvée au cœur d’une polémique pour une raison qui n’avait rien à voir avec la politique royale : son nom ne comportait pas de nom de famille. Cette omission a donné lieu à une plainte officielle et à un véritable débat public sur la manière dont les lois nationales en matière de dénomination devaient s’appliquer à un enfant de la famille royale.
15. George remporte le jeu de devinettes
À l’arrivée du prince George, les bookmakers et les observateurs de la famille royale avaient passé des jours à échanger frénétiquement leurs pronostics. George Alexander Louis a finalement mis fin aux spéculations, et bien que « George » ait toujours été le favori incontesté, ce choix prévisible a tout de même déclenché une vague de commentaires dans le public, simplement parce qu’il s’agissait désormais d’un bébé occupant la troisième place dans l’ordre de succession au trône.
16. Léonore rompt avec la tradition
La fille de la princesse Madeleine, Léonore Lilian Maria, s’est immédiatement démarquée. Quant à Lilian, ce prénom faisait délibérément écho à celui de la princesse Lilian, dont l’histoire d’amour avec le prince Bertil, qui a duré plusieurs décennies, reste l’une des plus belles de la famille. Loin de susciter des réactions négatives, ce choix atypique a surtout suscité de la curiosité et de la bienveillance.
17. Diana, à la troisième place à Charlotte
Charlotte Elizabeth Diana a discrètement rendu hommage à deux des femmes les plus influentes de l’histoire royale moderne : Élisabeth II et Diana, princesse de Galles. En plaçant Diana en troisième position plutôt qu’en première, ce prénom est devenu un hommage chargé de sens. Ce choix minutieux n’est pas passé inaperçu et a rapidement fait l’objet de nombreuses discussions.
18. Liens concernant Louis et sa famille
Le prénom « Louis Arthur Charles » semblait assez classique, mais cette annonce a immédiatement mis les observateurs de la famille royale en mode « enquête ». Le prénom « Louis » a été largement interprété comme un hommage à Lord Louis Mountbatten, déjà honoré dans les prénoms complets de William et de George, tandis que « Arthur » et « Charles » sont eux-mêmes chargés d’une longue histoire royale.
19. Archie rompt avec la tradition
Après avoir attendu pendant des années un nouveau George, Arthur, James ou Alexandre, le public a eu droit à quelque chose de tout à fait différent : Archie Harrison Mountbatten-Windsor. Ce prénom moderne et décontracté, associé à seulement deux prénoms au lieu de la série habituelle de quatre, a pris beaucoup de monde au dépourvu.
20. Lilibet déclenche une polémique publique
Peu de prénoms royaux ont suscité autant de polémiques que celui de Lilibet « Lili » Diana, qui alliait le surnom d’enfance de la reine elle-même à un hommage à la princesse Diana. Ce prénom a presque immédiatement déclenché une polémique publique quant à savoir si la reine avait réellement été consultée au préalable, les deux parties présentant des versions contradictoires. Cette question n’a jamais été tranchée publiquement, ce qui a fait que ce prénom est resté à la une des journaux bien après l’annonce de la naissance.