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L’administration Trump a accusé des responsables politiques canadiens d’avoir tenté de s’ingérer dans les prochaines élections de mi-mandat américaines, ce qui a exacerbé les tensions diplomatiques entre les deux pays voisins à moins de deux semaines du scrutin américain du 3 novembre. Mercredi 21 octobre, l’ambassade des États-Unis à Ottawa a publié une fiche d’information accusant des responsables canadiens d’avoir fait des déclarations publiques et pris des mesures politiques visant à influencer la vie politique américaine. L’ambassade a qualifié ces éléments de preuves de « plans visant à influencer la politique américaine », citant notamment la ministre de l’Industrie Mélanie Joly, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et d’autres personnalités politiques canadiennes. Ces accusations portent principalement sur la réponse du Canada aux droits de douane américains, notamment les mesures commerciales de rétorsion et une vaste campagne publicitaire menée en Ontario critiquant les politiques économiques de Trump. Cette déclaration fait suite à un avertissement de l’ambassadeur américain Pete Hoekstra, selon lequel Washington surveillait l’activité politique canadienne et pourrait riposter s’il estimait qu’une ingérence étrangère dans les élections avait eu lieu. Les responsables canadiens ont rejeté ces allégations, faisant valoir que la défense publique des intérêts économiques de leur pays ne devait pas être confondue avec une tentative d’influencer indûment une élection américaine.

Le différend diplomatique s’était déjà intensifié le 14 octobre, lorsque les propos tenus par M. Hoekstra lors d’une intervention dans le podcast canadien The Really Big Show avaient suscité un vif intérêt. L’ambassadeur avait déclaré que les responsables américains surveillaient les déclarations et les activités politiques émanant du Canada, en particulier à l’approche des élections législatives. Il avait fait valoir que la précédente campagne publicitaire anti-droits de douane menée par l’Ontario, les commentaires de Mme Joly sur les mesures de rétorsion et les critiques de l’ancien Premier ministre Justin Trudeau soulevaient des inquiétudes quant à une éventuelle influence politique étrangère. M. Hoekstra a averti les responsables politiques canadiens de « ne pas se mêler de la politique américaine », en liant explicitement ses préoccupations à l’approche des élections de mi-mandat. Il a également déclaré que Washington évaluait les activités canadiennes et a averti que « les États-Unis y répondraient » si l’administration concluait qu’une ingérence avait eu lieu. L’ambassadeur n’a pas précisé quelle forme une telle réponse pourrait prendre, qu’elle soit diplomatique, économique ou juridique. Ses remarques ont néanmoins élevé les désaccords sur la politique commerciale au rang d’un différend plus large concernant la souveraineté électorale, suggérant que des actions considérées par les responsables canadiens comme un plaidoyer politique légitime pourraient être interprétées différemment par l’administration Trump.

Ne vous mêlez pas de la politique américaine. Vous savez, à quatre semaines d’une élection.

Les allégations de Washington portent principalement sur les tentatives du Canada de faire pression sur les États-Unis au sujet des droits de douane, en particulier les mesures visant à imposer des coûts politiques à l’administration américaine. L’ambassade a cité cinq déclarations attribuées à la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, notamment des propos concernant la coordination de mesures de rétorsion avec des partenaires européens et la concentration de la pression économique sur des États républicains politiquement sensibles. Mme Joly avait évoqué l’importance de cibler certains produits de manière à influencer les calculs politiques des législateurs américains, expliquant que le Canada et ses partenaires recherchaient des contre-mesures capables d’exercer une pression sur l’administration. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a également été pointé du doigt pour la campagne publicitaire anti-droits de douane de 75 millions de dollars menée par son gouvernement, dans laquelle l’ancien président Ronald Reagan critiquait les politiques commerciales protectionnistes. Cette publicité a été diffusée pendant la Série mondiale de 2025, ce qui a poussé Trump à mettre brusquement fin aux négociations commerciales avec le Canada. Au-delà des représailles économiques, l’ambassade a également souligné la participation du député libéral Anthony Housefather à la campagne d’un politicien démocrate en Floride, ainsi que l’implication de la consule générale du Canada, Bernadette Jordan, dans des discussions avec des élus démocrates. L’administration a présenté ces exemples comme des ingérences potentielles, bien que les activités signalées concernaient des actions de sensibilisation du public, des contacts politiques et des différends commerciaux, plutôt que des efforts avérés visant à manipuler les procédures de vote ou les résultats électoraux.

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Source: Source : Getty Images

L’ambassade a également élargi ses allégations en citant 11 citoyens canadiens accusés d’avoir voté illégalement lors d’élections américaines dans des affaires s’étendant de 2012 à 2026. Leur inclusion a établi un lien entre cette confrontation diplomatique et la répression plus large menée par l’administration Trump contre le vote des non-citoyens, une question sur laquelle elle a de plus en plus insisté à l’approche des élections de mi-mandat. Selon le ministère américain de la Justice, plus de 200 personnes ont été arrêtées depuis le début de l’année 2026 dans le cadre de votes illégaux présumés de non-citoyens lors d’élections précédentes. Toutefois, l’ambassade n’a présenté aucune preuve établissant un lien entre ces 11 Canadiens et des instructions émanant d’Ottawa, ni avec une quelconque opération coordonnée du gouvernement canadien. De plus, les poursuites pénales n’établissent pas automatiquement la culpabilité, et les responsables électoraux ont généralement décrit le vote des non-citoyens comme un phénomène rare par rapport aux dizaines de millions de bulletins de vote déposés à l’échelle nationale. Le Premier ministre canadien Mark Carney a rejeté cette interprétation élargie des actions de son pays, soulignant que le Canada avait réagi aux droits de douane instaurés par Washington pour protéger ses travailleurs et ses entreprises. Ford a également nié toute intention d’ingérence dans les élections américaines. Daniel Béland, politologue à l’université McGill, a contesté ces allégations, faisant valoir que les incidents cités par l’ambassade ne démontraient pas une véritable ingérence étrangère ni n’établissaient que le Canada pouvait influencer de manière significative le résultat des élections de mi-mandat.

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Source: Source : Getty Images

Ces allégations ont également ravivé l’examen minutieux des interventions de Trump lui-même dans les affaires politiques canadiennes, en particulier lors des élections fédérales qui se sont tenues le 28 avril 2025. Le jour même où les Canadiens votaient, Trump a publié un message sur Truth Social encourageant les électeurs à soutenir un avenir politique dans lequel le Canada deviendrait le 51e État des États-Unis. Dans son appel, il promettait des avantages économiques considérables, notamment une baisse des impôts, une protection militaire renforcée et une croissance substantielle pour les industries canadiennes si le pays renonçait à son indépendance pour rejoindre les États-Unis. Trump a présenté l’annexion comme une opportunité d’éliminer les droits de douane et de transformer l’économie canadienne, s’adressant directement à l’électorat au cours d’un scrutin national. Son intervention a suscité les critiques des dirigeants politiques canadiens, notamment celles du chef du Parti libéral Mark Carney, qui a remporté les élections. Dans une vidéo publiée ce jour-là, Mark Carney a mis en garde contre l’instabilité émanant des États-Unis avant de déclarer : « Mais nous sommes au Canada et c’est nous qui décidons de ce qui se passe ici. Choisissons d’être unis et forts – un Canada fort. » Contrairement aux activités canadiennes actuellement remises en cause par Washington, les propos tenus par Donald Trump le jour du scrutin encourageaient explicitement les Canadiens à envisager un avenir politique différent au moment de voter, même si des déclarations publiques de ce type ne constituent pas automatiquement une ingérence électorale illégale.

Mais nous sommes au Canada et c’est nous qui décidons de ce qui se passe ici. Choisissons d’être unis et forts – un Canada fort.

Plus récemment, les questions concernant l’implication américaine dans la politique intérieure canadienne ont refait surface à l’occasion du référendum organisé en Alberta le 19 octobre 2026, au cours duquel les électeurs ont rejeté une proposition visant à entamer le processus constitutionnel en vue d’une éventuelle séparation du Canada. Le mouvement séparatiste a attiré l’attention de personnalités politiques américaines, notamment celle du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, qui a publiquement décrit l’Alberta comme un partenaire économique naturel pour les États-Unis et a exprimé sa sympathie pour le souhait de la province de resserrer ses liens avec les États-Unis. Des rapports ont également fait état de contacts entre des représentants séparatistes albertains et des responsables américains, ainsi que de l’intérêt manifesté par des stratèges politiques républicains pour soutenir les efforts d’organisation du mouvement séparatiste. Les chercheurs ayant suivi le référendum ont identifié des messages politiques provenant de sources américaines qui faisaient la promotion de la séparation de l’Alberta et, dans certains cas, de son intégration éventuelle aux États-Unis. Ces conclusions n’ont toutefois pas permis d’établir que l’administration Trump avait organisé ou financé une campagne coordonnée visant à influencer le vote. Carney avait précédemment clairement indiqué que l’attente du Canada en matière de non-ingérence s’appliquait aussi bien aux États-Unis qu’aux autres gouvernements étrangers. Alors que Washington accuse désormais les responsables politiques canadiens d’avoir franchi cette même ligne rouge, ce différend a attiré une attention renouvelée sur les normes contradictoires que les deux pays appliquent en matière d’ingérence politique étrangère, en particulier lorsque le plaidoyer public, la pression diplomatique et les allégations d’ingérence électorale se recoupent de plus en plus.

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Créé par des humains, assisté par IA.

Trump accuse le Canada d’ingérence et met en garde de «ne pas se mêler» des midterms

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