L’histoire regorge de familles puissantes dont les noms semblaient destinés à perdurer pendant des générations, mais dont une seule mort a suffi à mettre fin à une branche particulière de la famille. Dans certains cas, la personne n’avait pas d’enfants survivants, tandis que dans d’autres, une lignée dynastique entière a disparu parce que le dernier héritier légitime est décédé de manière inattendue. Ces fins pouvaient modifier la succession, déclencher des conflits politiques ou simplement laisser aux historiens une fascinante question : « Et si… ? » concernant la famille qui aurait pu perdurer.
1. Alexandre le Grand
À sa mort à Babylone en 323 av. J.-C., Alexandre le Grand laissa derrière lui un empire s’étendant sur une grande partie du monde, mais aucun héritier en âge de le diriger. Son fils, Alexandre IV, était né après la mort de son père et fut finalement tué alors qu’il était encore jeune. La lignée directe des Argeades d’Alexandre s’éteignit donc, tandis que son empire fut divisé entre des généraux rivaux.
2. Jules César
Jules César avait une fille, Julia, qui est décédée avant lui, et un fils du nom de Césarion, né de Cléopâtre. Après la chute de Cléopâtre et l’accession au pouvoir d’Octave, Césarion fut tué en 30 av. J.-C. Bien que César ait adopté Octave comme héritier, cette adoption n’a pas permis de perpétuer la lignée biologique de César.
3. Cléopâtre VII
Cléopâtre eut quatre enfants, mais aucun d’entre eux n’exerça de pouvoir au sein de la dynastie ptolémaïque. Césarion fut tué par Octave, et ses autres enfants furent emmenés à Rome, ce qui entraîna la perte du pouvoir par la dynastie. Avec la mort de Cléopâtre en 30 av. J.-C., la dynastie ptolémaïque, qui avait régné sur l’Égypte pendant près de trois siècles, prit fin.
4. Édouard le Confesseur
Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre de 1042 à 1066, mourut sans descendance, mettant ainsi fin à la lignée royale directe fondée par son père, Æthelred le Malavisé. Sa mort provoqua une crise de succession. Celle-ci donna lieu à de nombreux conflits quant à la question de savoir qui devait devenir roi et fut finalement tranchée lorsque Guillaume vainquit Harold Godwinson lors de la bataille d’Hastings.
5. Richard II d'Angleterre
Le roi Richard II d’Angleterre mourut en détention en 1400 après avoir été détrôné par son cousin Henri Bolingbroke. Richard n’ayant pas eu d’enfants légitimes survivants, sa mort marqua la fin de la lignée directe d’Édouard, le Prince Noir, par la personne même de Richard. La couronne fut alors transmise à la branche des Lancastre, issue du grand-père de Richard, Édouard III.
6. Anne de Grande-Bretagne
La reine Anne fut la dernière souveraine de la maison de Stuart à régner sur l’Angleterre, l’Écosse et la Grande-Bretagne. Elle eut de nombreux enfants, mais aucun ne survécut à l’enfance ; n’ayant donc aucun enfant vivant, elle ne transmit sa lignée à personne d’autre. À la mort d’Anne en 1714, la succession des Stuart revint à George Ier, de la maison de Hanovre.
7. Marie Ire d'Angleterre
La reine Marie Ire d’Angleterre n’avait pas de descendants vivants à sa mort. Sa lignée s’est éteinte avec elle lorsqu’elle est décédée en 1558, sans laisser d’enfant pour lui succéder sur le trône. La couronne revint alors à sa demi-sœur Élisabeth Ire, qui mourut elle aussi sans descendance.
8. Élisabeth Ire d'Angleterre
Après le décès de la reine Élisabeth en 1603, il n’y eut plus d’héritiers pour perpétuer la dynastie des Tudor. En l’absence de descendants vivants, c’est Jacques VI d’Écosse qui devint le prochain dans l’ordre de succession. Cette succession marqua le transfert pacifique de la couronne d’Angleterre des Tudor aux Stuart.
9. Jacques VI et Ier
Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre eut plusieurs enfants ; sa mort ne mit donc pas fin à sa lignée directe. Cependant, son accession au trône marqua la fin de la lignée des Tudor sur le trône d’Angleterre, car il descendait des Stuart et non des monarques Tudor. Son règne représente donc un autre moment important où une lignée royale prit fin et où une autre famille prit le relais.
10. Charles II d'Espagne
Charles II fut le dernier roi d’Espagne de la maison de Habsbourg ; il mourut en 1700 sans descendance. Il souffrit de nombreuses maladies au cours de sa vie, ce qui fut peut-être l’une des raisons pour lesquelles il n’eut pas d’héritier. Après sa mort, de nombreux prétendants au trône se manifestèrent, ce qui déclencha la guerre de Succession d’Espagne.
11. Louis XVI
Louis XVI avait des enfants ; sa mort n’a donc pas littéralement mis fin à sa lignée, mais l’exécution du roi a marqué l’effondrement de la monarchie des Bourbons dans la France révolutionnaire. Son fils, Louis XVII, est mort enfant, sans avoir régné et sans avoir eu d’enfants. La famille des Bourbons a survécu ailleurs, mais cette succession royale-là a connu une fin dramatique.
12. Louis XVII de France
À la mort du roi Louis XVI de France, son fils cadet, Louis XVII, lui succéda. Louis XVII fut considéré par les loyalistes comme le roi de France, mais il mourut vers l’âge de dix ans et n’eut pas d’enfants pour perpétuer la lignée de son père. Sa mort mit fin à la lignée directe de Louis XVI par son héritier mâle et la succession revint alors à des parents plus âgés de la maison de Bourbon.
13. Napoléon II
Napoléon II était le seul fils légitime de Napoléon Bonaparte et porta brièvement le titre de roi de Rome. Il passa une grande partie de sa vie sous tutelle autrichienne et ne se maria jamais ni n’eut d’enfants. Lorsqu’il mourut de tuberculose en 1832, à l’âge de 21 ans, la lignée directe légitime de Napoléon, par l’intermédiaire de son fils, s’éteignit.
14. Henry Stuart, lord Darnley
Lord Darnley était le deuxième époux de Marie, reine d’Écosse, et le père du futur roi Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre. Son décès en 1567 mit fin à sa lignée masculine directe, car il n’avait qu’un seul enfant légitime, Jacques, dont les descendants perpétuèrent la dynastie des Stuart. La mort de Darnley n’effaça donc pas le nom de sa famille de l’histoire, mais elle marqua la fin de sa branche familiale.
15. Guillaume II d'Angleterre
Guillaume II d’Angleterre n’avait pas d’héritier lorsqu’il mourut à la suite d’un accident de chasse en 1100. Comme il n’avait pas de descendants, son frère, Henri Ier, monta sur le trône. Cette partie de chasse eut des conséquences particulièrement importantes, compte tenu de la rapidité avec laquelle la succession changea par la suite.
16. Henri Ier d'Angleterre
Après la mort de Guillaume Adelin, son père, Henri Ier, n’avait plus aucun fils en vie pour perpétuer son héritage. Guillaume, qui n’avait que 17 ans lorsqu’il périt en mer, était le seul héritier légitime du trône d’Angleterre. Son neveu Étienne monta sur le trône, marquant le début d’un conflit civil connu sous le nom d’« Anarchie ».
17. William Adelin
Guillaume Adelin était le seul fils légitime et l’héritier reconnu d’Henri Ier d’Angleterre. Il se noya lors du naufrage du « White Ship » alors qu’il n’avait que 17 ans, aux côtés de nombreux autres membres de l’aristocratie anglaise et normande. La mort de Guillaume ne mit pas fin à la lignée de toute sa famille, mais elle mit un terme à la succession directe qu’Henri Ier avait prévu d’établir par l’intermédiaire de son fils.
18. Frédéric II, empereur du Saint-Empire romain germanique
L’empereur du Saint-Empire romain germanique eut de nombreux enfants, mais après son décès, sa lignée s’éteignit peu après. Son fils Conrad IV mourut quelques années plus tard seulement, et le fils de Conrad, Conradin, fut exécuté en 1268. La mort de Conradin marqua la fin de la lignée masculine légitime de la dynastie des Hohenstaufen, mettant ainsi un terme à l’une des familles impériales les plus puissantes de l’Europe médiévale.
19. Conradin
Conradin fut le dernier descendant mâle légitime de la dynastie des Hohenstaufen et le dernier prétendant au trône issu d’une famille qui avait donné plusieurs empereurs du Saint-Empire romain germanique. Il fut capturé et exécuté à Naples en 1268, alors qu’il n’avait que 16 ou 17 ans. N’ayant pas eu d’enfants, sa mort marqua la fin de la lignée masculine légitime des Hohenstaufen.
20. Élisabeth de Russie
Il n’y a plus aujourd’hui de descendants directs d’Élisabeth de Russie. Elle était issue de la maison des Romanov, que son père avait contribué à fonder. À sa mort, en 1762, le trône revint à son neveu Pierre III, dont les descendants formèrent la lignée impériale des Romanov. Sa mort marqua donc la fin de sa branche familiale, tandis que la dynastie dans son ensemble se perpétua pendant plusieurs générations.