
J’aimerais l’annoncer à tous et à toutes, à tous ceux et celles qui nous lisent depuis bientôt deux ans.
Le 5 octobre 2026, à 13 h 27, Jacques Provost est décédé.
Il est parti entouré des siens.
J’aimerais prendre quelques instants, un petit moment de votre temps, pour lui rendre un dernier hommage.
PJ avait une intelligence à part.
Vif d’esprit.
Le genre d’homme d’exception, celui qui avait toujours un bon conseil, une bonne idée ou un jeu de mots bien placé.
On débattait de politique. Souvent.
PJake était profondément anti-Trump. Pas un peu. Pas beaucoup, mais profondément.
J’ai toujours dit que PJake avait toujours raison, comme sa fille.
Le texte qui suit, c’est pour lui.
Une chronique qu’il aurait pu signer.
Et merci de m’avoir toujours considéré comme l’un des vôtres.
Le 3 novembre 2026, Donald Trump va perdre ses élections de mi-mandat. À moins d’un changement profond d’ici trois semaines, la Chambre des représentants lui glissera entre les doigts. Pas parce que je le souhaite. Parce que les chiffres le disent, pis que l’histoire le répète depuis presque cent ans.
Le plancher s’effondre
Trois Américains sur dix
Le 8 octobre, le Pew Research Center a publié son dernier sondage, mené du 28 septembre au 4 octobre. Trump est à 30 % d’approbation. 68 % des Américains désapprouvent.
Regardez la pente. 47 % en février 2025. 40 % en septembre 2025. 37 % en janvier 2026. 34 % en avril. 34 % en juillet. Pis 30 % aujourd’hui. Selon Pew, c’est à un cheveu de son pire score du premier mandat, 29 %.
Mais le vrai chiffre, celui qui devrait l’empêcher de dormir, c’est celui-là : seulement 67 % des gens qui ont voté Trump en 2024 approuvent encore son travail. Ils étaient 95 % au début de 2025. Un électeur Trump sur trois a décroché. C’est pas la gauche qui le lâche. C’est sa propre base.
Sur l’économie, la confiance tombe à 35 %. Elle était à 59 % en novembre 2024. Quand t’as gagné une élection en promettant de faire baisser le prix de l’épicerie, pis que tu perds 24 points sur l’économie, t’as un problème que les rallyes règlent pas.
Huit points d’avance
Le vote générique parle
Aux États-Unis, on mesure le climat d’une élection de mi-mandat avec une question simple : pour quel parti allez-vous voter au Congrès? C’est le « generic ballot ».
La moyenne RealClearPolitics, du 21 septembre au 11 octobre, donne les démocrates à 50,2 % contre 41,9 % pour les républicains. Huit points et trois dixièmes. La moyenne de Nate Silver, en date du 12 octobre, les met à 8,8 points d’avance, et la poussée démocrate qui a commencé début septembre « still hasn’t stopped », écrit-il.
Même les sondeurs que la droite aime citer le montrent. Rasmussen : démocrates +5. Cygnal, une firme républicaine : +9. Seul Harvard-Harris descend à +2. Sur treize sondages récents, pas un seul ne donne l’avance aux républicains.
L’histoire est contre lui
Trois exceptions en 92 ans
J’ai pris le tableau de l’American Presidency Project, à l’Université de Californie à Santa Barbara. Toutes les élections de mi-mandat depuis 1934. Vingt-trois.
Le parti du président a gagné des sièges à la Chambre trois fois. Trois. Roosevelt en 1934, en pleine Dépression, avec le New Deal. Clinton en 1998, pendant que les républicains s’acharnaient sur Monica Lewinsky. Bush fils en 2002, un an après le 11 septembre.
Les vingt autres fois, le parti au pouvoir a perdu. En moyenne, selon mon calcul à partir du tableau, 27 sièges à la Chambre.
Pis Trump lui-même connaît la recette. En 2018, son premier mi-mandat, il était à 44 % chez Gallup à la fin d’octobre. Il a perdu 41 sièges. Aujourd’hui, Pew le met à 30 %. Ce sont deux sondeurs différents, ça se compare pas au point près. Mais la direction, elle, se compare très bien.
Les démocrates ont besoin d’un gain net de quatre sièges pour reprendre la Chambre. Quatre. La Chambre compte en ce moment 218 républicains, 214 démocrates, un indépendant et deux sièges vacants.
Le mur qu’il a bâti
Redécouper la carte avant de perdre
Je vais être honnête, parce qu’une prophétie qui cache ses faiblesses, c’est de la propagande.
Trump a vu venir le coup. En 2025, le Texas a redessiné sa carte électorale pour créer cinq circonscriptions républicaines de plus. La Floride a suivi en mai 2026. L’Ohio, la Caroline du Nord, la Louisiane, le Tennessee, l’Alabama aussi. La Californie a répliqué avec la Proposition 50, et un tribunal a imposé une circonscription démocrate en Utah.
Au net, selon le tableau compilé sur Wikipédia, le redécoupage ajoute environ douze circonscriptions à pente républicaine et en retire treize du lot des courses serrées. Ça monte la barre. Ça la monte pas à huit points.
Un parti qui gagne le vote national par huit points, ça déborde les cartes taillées sur mesure. C’est exactement pour ça qu’on redécoupe : parce qu’on a peur de perdre à la loyale.
Le Sénat, c’est une autre game
Le Sénat est plus dur. Les républicains ont 53 sièges. Les démocrates et leurs deux indépendants, 47. Il en faut quatre de plus aux démocrates, sur une carte où les républicains défendent 22 sièges.
Les prévisionnistes se divisent. Cook, au 23 septembre, voit 46 sièges démocrates, 47 républicains et sept courses à pile ou face. Nate Silver, à la même date, voit 52 démocrates. Les noms qui vont décider : Sherrod Brown contre Jon Husted en Ohio. Roy Cooper en Caroline du Nord. Susan Collins au Maine. Et le Texas, où Ken Paxton affronte James Talarico.
Ma prophétie porte sur la Chambre. Le Sénat, je le mets à cinquante-cinquante, pis je le dis.
Pourquoi il perd
Le prix de l’essence vote aussi
Le 3 octobre, Trump était à Vandalia, en Ohio. Il a promis aux républicains une « big surprise ». « Just get out and vote », a-t-il dit. « If you do that, we’re going to win, and we’re going to win big. »
Le même reportage d’Al Jazeera rapporte que l’essence a augmenté de 35 % en un an en Ohio, à 4,16 $ US le gallon selon l’AAA, dans le contexte de la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Un État que Trump a pris avec plus de 55 % en 2024. Pis là, son candidat au Sénat se bat pour sa vie.
Ajoutez à ça une guerre commerciale qui frappe aussi chez nous. Depuis le 29 septembre, Washington bloque à la frontière près de 967 millions $ de produits canadiens, de l’alcool surtout, du lactosérum, et les Can-Am Spyder et Canyon de BRP. Trump attend qu’Ottawa vienne dire « Sir, we are sorry ». Mark Carney, lui, a répondu qu’il y a maintenant « a price to be paid for access to the United States market ». Le prix, ce sont les Américains aussi qui le paient, à la caisse.
Ce qui pourrait le sauver
Le changement profond
Une prophétie honnête dit ce qui peut la faire mentir.
Un choc. Une crise de sécurité nationale qui rallie le pays autour du drapeau, comme en 2002. Une chute brutale du prix de l’essence. Une participation démocrate qui s’écrase. Un redécoupage qui rapporte plus que prévu dans les courses serrées.
Chacune de ces choses est possible. Aucune ne se voit dans les chiffres d’aujourd’hui. Pis Trump, en trois semaines, ne deviendra pas un autre homme. C’est ça, le changement profond qu’il lui faudrait. Il le fera pas.
Le 3 novembre, on saura
Je me trompe peut-être. Les sondeurs se sont déjà trompés, et ils se sont surtout trompés en sous-estimant Trump. Je le sais.
Mais quand un président tombe à 30 %, quand un tiers de ses propres électeurs le lâche, quand il traîne huit points au vote générique, pis que l’histoire donne trois exceptions en 92 ans, je mets mon nom en bas de la prédiction.
Celle-là, PJake, c’est pour toi.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur, expert et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n’est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d’institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l’institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
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CHRONIQUE | Trump va perdre ses mi-mandats.
Sources
Pew Research Center, « Trump’s Approval Rating Drops as Fewer Americans Are Confident in His Handling of the Economy, Other Issues », 8 octobre 2026
RealClearPolling, 2026 Generic Congressional Vote (moyenne du 21 septembre au 11 octobre 2026)
Silver Bulletin, Generic Congressional Ballot average (12 octobre 2026)
American Presidency Project (UCSB), Seats in Congress Gained/Lost by the President’s Party in Mid-Term Elections
Wikipédia, 2026 United States House of Representatives elections
Wikipédia, 2026 United States Senate elections
Al Jazeera, « Trump defiant about midterm chances as he rallies for Republicans in Ohio », 4 octobre 2026
AgriNews, « From motorcycles to booze, U.S. ban on $1 billion worth of Canadian imports goes into effect », 11 octobre 2026
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